Le papier 4 - Horizons Bretons

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Le papier 4

La vallée du Queffleuth

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Le papier arrive en Bretagne au milieu du 15ème siècle. Des documents (fermages, aveux lors de décès etc...) mentionnent l'existance à cette époque de moulins à papier de "première génération".
Le moulin de Buzo est construit entre 1413 et 1456 par Robin de Meigne, sur la rivière Le Liziec dans la paroisse Saint-Patern à Vannes, relevant de la seigneurie de boismourant.
Le moulin d'orange, à Vieux Vy sur Couesson, près de la Normandie, est construit en 1440 par Jean Lize, libraire à Rennes. Il à fabriqué du papier jusqu'à la fin du 19ème siècle.
Les moulins à papier de la ville Jegu à Brehan sur la lie ( près de loudéac), sont présentés au roi en 1499 par Jehan II de Rohan, seigneur du Gué de l'Isle. Son père avait établi en 1484 près de son château la première imprimerie qui ait existé en Bretagne.
Le moulin à papier du Val à Morlaix (dans le quartier encore nommé Val Pinart) sur le Jarlot est mentionné en 1499 dans un acte concernant l'échange de deux rentes, l'une en rames de papier, l'autre en argent entre le seigneur du Val et le seigneur de Rosampoul. Ce moulin n'existait plus au 17ème siècle.


Au début du XVIIIe siècle, une trentaine de moulins à papier, fonctionnent dans un secteur de 50 km2 au Sud de Morlaix.
Ils emploient de 200 à 250 personnes, auxquelles il faut ajouter marchands, chiffoniers, transporteurs et familles nobles qui tirent profit du droit des moulins.
Cette activité a débuté au XVe siècle et s'est industrialisée au XVIIe avec l'arrivée des  ouvriers normands.
L'implantation de ces moulins est due à la qualité des eaux du Queffleuth qui est une eau limpide, acide et peu calcaire, qualités appréciées des papetiers de l'époque.
Les papetiers avaient besoin de chiffons pour leur activité, de fait là où il y avait des toiles de lin, il y avait des chiffons pour les papeteries.
C'était le cas à Plourin-lès-Morlaix, ce qui explique cette longue cohabitation entre le lin et le papier. Les plus actifs sont les moulins de Penlan, de Pen-ar-Vern (L'Hermitage), du Drezec et de Pont-Pol. La plupart travaillent pour François-Marie Andrieux, fondateur du moulin de Glaslan en Peyber-Christ.
De plus la proximité du chemin de La Feuillée, par lesquels les "pilahouers" (chiffonniers) des montagnes viennent apporter leur récolte de chiffons de lin ou de chanvre garantit leur approvisionnement.


C'est en 1828 que François Andrieux fera de Gaslan le plus important moulin à papier de la vallée, employant 20 ouvriers qui fabriquent 32 tonnes de papier à partir de 60 tonnes de chiffons. En 1831, une machine à papier en continu marchant à la vapeur et fabriquée à londres y est insallée; elle multiplie la production par 20. C'est une autre histoire de Gaslan et de la famille Andrieux jusqu'à la fin du 19ème siècle. En 1837, La Lande dégage un revenu cadastral de 1200 francs, les 3 grandes maisons de maître ne sont pas encore construites. L'usine ferme ses portes en 1898.
Les auteurs qui ont étudié l'histoire des Andrieux s'accordent à leur reconnaître un sens social très marqué. Déja François-Marie, rachetant la majeur partie des moulins de la vallée, proposait aux anciens propriétaires une intégration dans ses propres entreprises.
aux maîtres-papetiers restés indépendant, il offrait une collaboration et une aide pour une production contractuelle.
Aux ouvriers menacés de chômage par la concentration des moulins et la mécanisation des techniques papetière, il avait à coeur d'assurer la sécurité par le développement de son entreprise. Sur un plan plus général il était sensible à la dureté des temps:
" L'hivers de 1816 fut très rigoureux, le pain rare et cher; la misère était profonde; loe conseil municipal de la ville, dont F.M Andrieux faisait partie, organisa un atelierde secours dont les résultats dateront dans l'histoire de Morlaix".
Mais c'est surtout Aristide, son fils, qui poussa au plus haut point cet altruisme des Andrieux. Il l'exerça particulièrement dans le domaine du logement social (en faisant construire chaque année à proximité de son usine, des logements économiques assez vastes et assez spacieux pour recevoir quelques familles d'ouvriers peu aisés), de l'éducation ( Le souci de l'éducation des enfants d'ouvriers lui était toujours présent. Il avait cherché à obtenir la création d'une école prés de son exploitation. Rien ne vint. Il établit alors une " école primaire interne" pour les enfants de ses ouvriers) et de la sécurité (Il créa en 1866 une "société de secours mutuels des ouvriers papetiers", qui assurait à tout le personnel les soins d'un médecin, les médicaments gratuits et ds indemnités en cas de maladie, d'infirmité ou d'accouchement.
Ce sens social et les services rendus au pays et a la collectivité papetière furent reconnus et récompensés en 1882 par une décoration de chevalier de la légion d'honneur.
Son fils, Albert continuera son oeuvre dans le même esprit, en renforçant la protection social des ouvriers, en payant lui même et sans retenue sur leur salaire des les primes d'assurance.

Empruntons le sentier de La Lande pour nous rendre à la maison de la famille Andrieux.

La chapelle.

L'arrivée des machines à vapeur sonnera le glas des petites papeteries "à cuve". Vers le milieu du XIXe siècle, certaines cessent toute activité, d'autres se convertissent en moulin à pierre. C'est le cas du moulin de Pont-Pol qui broiera de la pierre pendant quelques années avant d'être reconverti en 1846 en usinage de teillage, en liaison avec la société linière du Finistère, établie à Landerneau. La Bretagne produit à l'époque plus de lin que tout le reste de la France.
A la fin du siècle , la forte concurence des toiles anglaises et belges et de celles du Nord, la suppression de la voile dans la marine et une diminution des commandes de l'armée de terre, précipitent le déclin. La Société linière ferme ses portes en 1892, mettant au chômage plusieurs dizaines d'ouvriers et d'ouvrières dans la région de Pont-Pol. L'activité du teillage de Pont-Pol redémarrera quelques années plus tard, employant une trentaine de personnes. Elle résistera à deux incendies, en 1934 et 1948, jusqu'à sa fermeture définitive en 1953.


Usine de La Lande, vers 1886. Quelques repères: à l'arrière-plan, de gauche à droite, la chapelle Sainte Anne, La maison de Lucien Andrieux, la cantine (derrière à l'extrème droite, petites maisons d'habitation. (existent toujours. Photos ci dessous.)

Maisons d'ouvriers papetiers.

Ce qu'il en reste aujourd'hui de l'usine à papier.



Pour augmenter le débit du Queffleuth pendant la saison sèche, une petite rivière au dessus de la vallée est détournée.



Dans cette prairie, un reste de mur de l'usine

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