Tannerie (suite) - Horizons Bretons

Aller au contenu

Menu principal :

Tannerie (suite)

Aux moulins de Kerouat

Pages  1   2  3


Les peaux sont alors prêtes pour le tannage proprement dit.



Les basseries.


Parfaitement débarrassée de ses impuretés, la peau, appelée maintenant "peau en tripe", est prête à être soumise aux matières tannantes.
Ces opérations de tannage ont lieu dans les basseries et les fosses, à l'exterieur de la tannerie.
Les peaux sont suspendues sur des cadres de bois puis placées dans trois bacs successifs appelés "brasserie" ou "passements".
Elles sont trempées dans des solutions de plus en plus concentrées de matière tannante. (Ecorces moulue de chêne, de châtaigner, de quebracho...)


       


      
         

Travail de passements

Les basseries.

Les fosses.


Les fosses ou cuves, profondes d'1m50 à 2m, étaient enterrées sur le terrain devant la tannerie.
Apres une longue préparation, les peaux y étaient placées pour la dernière étape du tannage.
Les peaux bien imprégnées sont retirées de leur jus tannant et mises en fosses, empilées les unes sur les autres. Entre chacune d'elle est placée une couche d'écorce moulue, le tan.
Elles y restent de 5 à 8 mois selon le type de peau et la qualité souhaitée, avant d'être rincées et montées au séchoir.



Travail des fosses.

Les fosses.

Le séchage.


Les peaux sont rincées une dernière fois, puis montées au séchoir. Elles sont suspendues sur des cintres accrochés aux poutres pendant un mois environ.
Le séchage est une opération délicate car les peaux risquent de moisir quand le local est trop humide. Quand il est trop sec, au contraire, elles deviennent cassantes. L'ouverture des volets doit donc être réglée en fonction de la température et de la direction des vents.
A plusieurs reprises, les cuirs sont battus à l'aide d'un maillet, brossés pour éliminer la poudre de tan, mis sous presse puis remis à sécher avant d'être vendus.
Il aura fallu de 12 à 18 mois pour l'ensemble des opérations.

       Le séchoir.   

                    

Les peaux sont suspendues pour le séchage. Les murs sont composés de plusieurs vantaux comportant un assemblage à claire-voie de lamelles inclinables qui permet d'aérer en les ouvrant ou en les fermant  plus ou moins celons la température extérieur



Rien ne se perd.


En aval de l'activité des tanneries, le tan usé était piétiné, séché et mis dans des moules pour confectionner des mottes qui servaient ensuite de combustible. Les tanneries pouvaient en tirer un bon revenu : celle de Miliau-Bodros, à Traon-ar-Vilin, vendit par exemple en 1786 pour 462 livres de « mottes à faire feu, des écorces moulues et à moudre ». Outre les peaux tannées, rien n'était perdu : les poils des peaux étaient vendus à des fabricants de feutre ou servaient de bourre pour la fabrication des cartouches; les graisses servaient à faire du savon ou de la colle. Vers la fin du xixe siècle, 4 usines de fabrication de colle étaient implantées près de Lampaul-Guimiliau au Pontic-Roudourou, à la Montagne, à Casuguel et à Mestual.
Cette activité était source de nombreuses nuisances : les odeurs répugnantes, la puanteur, particulièrement lors de l'ébourrage et de l'écharnage, liées entre autres à la putréfaction des chairs mortes, obnubilent les gens et expliquent que les tanneurs étaient méprisés, traités en parias.
Les rejets des eaux usées des tanneries contenant des restes de poils, de la chaux, des sels et du tanin aboutissaient dans l'Élorn, provoquant une raréfaction des poissons, en particulier des saumons.




Fosses à tan usage

Quelques photos.

Maquette de la tannerie

Pages  1   2  3


Retourner au contenu | Retourner au menu