La tannerie. - Horizons Bretons

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La tannerie.

Aux moulins de Kerouat

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La tannerie.


Cette tannerie a été transférée en 1976 de Lampol-Guimiliau sur le site du moulin de Kérouat, dans un souci de conservation.




Ce bâtiment a été acheté en 1976 à Julien Abgrall, ancien tanneur. Il était situé depuis environ un siècle à la sortie du bourg de Lampaul-guimilliau.
Construit sur un modèle standard imposé par décret en 1810, le bâtiment était moins long à l'origine. Le local des pelains et l'appentis abritant le tonneau à foulon ont été ajouté au début du 20e siècle.
Jusqu'en 1925, la tannerie Abgrall employa une dizaine d'ouvriers. L'installation du tonneau et l'agrandissement des basseries occasionnna une réduction de la main d'oeuvre.
La disparition des principaux marchés entraina la fermeture de la tannerie en 1955.




                              


Les moulins à tan.

Une technique ancestrale.
Une fois récoltées dans les bois des Monts d'Arrée, les écorces étaient broyées dans des moulins à tan appartenant à des meuniers ou à des marchands-tanneurs
Les moulins à tan étaient très nombreux autour de Landivisiau. On en recense 13 à Lampaul-Guimiliau à la fin du 18e siècle. Seul l'un d'entre eux, situé à Lézarazien en Guiclan, a été conservé.
Le tannage est une succession d'opérations dont le but consiste à conserver à la peau ses qualités premières: un cuir fini doit être solide, flexible, imperméable à l'eau et permettre la transpiration.

     



Les chênes ayant au moins 10 ans sont écorcés par les "kigners", ou écorceurs d'arbres occasionnels ou professionnels.
La récolte a lieu de mai à juillet, à l'aide d'un couteau métallique en forme de gouge.
La quantité d'écorces de chêne nécessaire au tannage est considérable. Ainsi à la fin du 19e siècle, 255 ha de bois sont écorcés chaque année pour approvisinner les tanneries de la région de Landivisiau.
Cette activité altère profondément le paysage par la coupe régulière des arbres des talus.

Le tan.

Grâce au tanin qu'elle contient, la poudre d'écorce de chêne ou de châtaignier, appelée tan, a pour propriété de rendre imputrescibles les peaux en pénétrant leur pores.
Dans le courant du 19e siècle apparait le quebracho, arbre d'Amérique du Sud réputé pour ses propriétés tanniques.
Vers 1930, des produits de l'industrie chimique remplacent le tan et accélèrent le processus de tannage.

A la tannerie, la peau passe d'abord au bassin de reverdissage ou elle reste en eau fréquemment renouvelée ou en eau courante plusieurs jours, afin d'éliminer le sel
Le bassin de reverdissage. (le point rouge sur la photo)

Salage et reverdissage.

Afin d'éviter que les peaux fraîches ne pourrissent, elles sont salées dès la sortie de l'abattoir. Ainsi traitées, les peaux appelées "cuirs verts", peuvent se conserver plusieurs mois.
L'appentis des peaux en sel.(Le point rouge sur la photo)

La peau a été dessalée dans le bassin de   reverdissage, à l'extérieur de la tannerie.          
Elle arrive à l'atelier pour y subir les transformations destinées à la préparer au tannage proprement dit.

Le passage au pelain

Les peaux nettoyées puis égouttées étaient mises dans un pelain. Les bacs appelés "pelains" contiennent un mélange de chaux diluée et de sulfure de sodium. Ce mélange permet de dissoudre la kératine et aide à détacher plus facilement poils et chairs. Elle y reste environ 8 jours.
Durant leur séjour dans le pelain, les peaux sont remuées avec des tenailles à longues poignées  pour éviter le contact de la chaux très corrosive et aux extrémités plates pour éviter toutes marques sur les cuirs.

Ebourrage et écharnage.

La peau est placée sur un chevalet, coté fleur au-dessus.
L'ébourrage ou épilation se fait avec un couteau à deux manches et à lame incurvée non tranchante.
Apres rinçage, elles sont à nouveau étendues sur le chevalet pour être écharnées au moyen d'un couteau tranchant, la faux: Un couteau à lame très coupante.
Cette opération, qui requiert une grande habileté, permet d'enlever les restes de chair et de graisse sur la face interne de la peau.
Soigneusement grattées, elles sont ainsi débarrassées de la graisse et de la chair.  


Pour éliminer toute trace de chaux, dont l'effet s'oppose à celui des matières tannantes, la peau doit être rincée à plusieurs reprises dans des bacs.
En 1926, la tannerie Abgrall fait installer un tonneau à foulon. Celui-ci, permet une plus grande rapidité dans le brassage et le lavage des peaux.

Tonneau à foulon.

L'appentis à foulon.

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