La légende du Myosotis. - Horizons Bretons

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La légende du Myosotis.

Pleyber Christ.

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La légende du myosotis. Conte d'Alsace

Il était une fois, près de Brisach, un noble chevalier qui résolut de partir en croisade.
Il prit la route de Spire pour rejoindre Bernard de Clervaux et passa, le soir venu, devant un château près des bords du Rhin.
Il demanda l’hospitalité pour la nuit. Ce qu’on lui accorda avec une grande générosité.
Le châtelain avait une fille d’une exceptionnelle beauté qui répondait au nom de Berthe.
Entre le preux chevalier et la jeune fille au cœur doux et aimant, l’amour fut immédiat.
Et quand sonna l’heure du départ, les adieux touchants furent scellés par des promesses d’amour et de fidélité.
Sur la route de Palestine, le chevalier ne songeait qu’à la douce Berthe.
Et quand il arriva, ni le soleil de l’Orient, ni les combats ne purent effacer la fraîcheur bleue des yeux de sa belle.
Pendant le repos, il soupirait douloureusement à l’ombre d’un palmier, tandis que dans le château paternel, Berthe brodait assise à la fenêtre, les yeux perdus sur les rives embrumées du Rhin.
Un jour de sanglante mêlée, le chevalier, blessé, fut capturé par les Infidèles. Dans sa prison, songeant à la liberté perdue et à sa lointaine adorée, il fit vœu d’ ériger une chapelle en l’honneur de la Vierge Marie, s’il retournait dans sa patrie.
La Vierge sembla prêter une oreille attentive à son vœu, car, peu de temps après, le chevalier fut délivré par les croisés qui avaient repris la ville d’assaut.
Il s’embarqua sur le premier vaisseau en partance pour sa douce France.
" Dépêche-toi, navire, je veux revoir ma mie qui m’attend sur les bords du Rhin. "
A peine débarqué, il cavale comme un fou, épuisant son fidèle coursier, bravant tous les dangers, traversant les sombres forêts de nuit, s’arrêtant à peine quelques heures pour laisser souffler sa monture.
Les bords du Rhin…..enfin….le château, la silhouette de Berthe.
Les amants tombent dans les bras l’un de l’autre. Contre le cœur du chevalier palpite celui de Berthe.
Les noces se préparent.
La veille de leur mariage, ils sont assis au bord du Rhin, abandonnés à leurs rêveries.
C’est le crépuscule et le soleil, de plus en plus bas, frôle les eaux argentées du fleuve.
On entend parfois un battement d’aile, un rire d’enfant, le bourdonnement des premières abeilles lourdes de pollen.
Avec un sourire, Berthe se tourne vers son fiancé et lui demande, en souvenir de cette exquise journée, la dernière avant leur mariage, quelques-unes des ces charmantes fleurs bleues qui poussent au bord de l’eau.
Le chevalier, heureux de plaire à la belle Berthe, s’approche de l’eau et se penche pour cueillir les fleurettes.
Mais, son pied glisse et perdant l’équilibre, il tombe dans le fleuve qui se referme sur lui.
Par un effort surhumain, il réussit à revenir à la surface et à lancer d’une main déjà raidie par le froid, le fatal bouquet.
" Vergiss mich nicht… " "  Ne m’oubliez pas " crie-t-il dans un suprême adieu.
Entraîné par les flots, il disparaît pour toujours.
Folle de douleur, Berthe alla ensevelir au fond d’un couvent sa vie brisée et sa rare beauté.
Jusqu’à son dernier soupir, elle conserva contre sa peau le bouquet de fleurs bleues.
Depuis ce temps, on donne à ses fleurs appelées myosotis, le surnom de " Vergiss mich nicht ",  ou vergissmeinnicht, ne m’oubliez pas.


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