Dremmwel Breizh

                 Horizons Bretons

Kristine T
Dominik K

La  Bio Diversité En Bretagne 

http://lbdeb.free.fr

Histoire du papier -C

Tarif du poids que Sa Majesté veut que pèsent les rames de papier servant tant à l’impression qu’à écrire, qui se fabriquent dans la généralité de Limoges, et sur le pied de la livre pesant seize onces, sans y comprendre les enveloppes ; comme aussi des largeurs et hauteurs que doivent avoir les feuilles de papier des différentes sortes ci-après spécifiées.

Toutes les rames de papier expliquées cy-après seront composées chacune de vingt mains, et chaque main de vingt cinq feuilles, non compris les enveloppes, sans aucunes feuilles cassées ni retriées, sales ou ridées.

ELECTION DE LIMOGES SCAVOIR ...

ELECTION DE TULLES ...

ELECTION D ANGOULESME.


 Chaque feuille de papier appellé grand-aigle fin aura trente six pouces et demi de large la feuille ouverte, sur vingt quatre pouces onze lignes de haut, et la rame pesera cent quarante livres 

 Celle de papier appellé grande-fleur-de-lys aura trente un pouces et demi de large sur vingt deux pouces de haut, et la rame pesera soixante douze livres. 

 Celle de papier appellé imperial fin ou grand-colombier fin, aura trente-un pouces de large sur vingt-un pouces cinq lignes de haut, et la rame pesera quatre-vingt-quinze livres. 

 Celle de papier appelé le chapelet aura vingt-neuf pouces trois quarts de large, sur vingt-un pouces et demi de haut, et la rame pesera soixante-huit livres, 

 Celle de papier appellé super-royal fin ou grand-jesus fin aura vingt-six pouces de large sur dix-neuf pouces et demi de haut, et la rame pesera cinquante-huit livres. 

 Celle de papier appellé royal fin ou grand-raisin fin double, aura vingt-deux pouces cinq lignes de large, sur dix-sept pouces de haut, et la rame pesera trente-huit livres. 

 Celle de papier appellé royal fin ou grand raisin fin simple aura les mêmes largeur et hauteur et la rame pesera vingt huit livres. 

 Celle de papier appellé lombard fin, aura vingt pouces de large sur seize pouces et demi de haut, et la rame pesera vingt-deux livres. 

 Celle de papier appellé grand-compte fin ou carré fin double, aura vingt pouces de large sur quinze pouces et demi de haut, et la rame pesera vingt-huit livres. 

 Celle de papier appellé grand-compte fin ou carré fin simple, sera des mêmes largeur et hauteur que le double, et la rame pesera dix-sept livres. 

 Celle de papier appellé cavalier fin, pour l’impression, aura dix-neuf pouces de large sur seize pouces de haut, et la rame pesera dix sept livres. 

 Celle de papier appellé fin moyen-compte, ou écu fin double, aura dix-huit pouces trois quarts de large sur quatorze pouces un quart de haut, et la rame pesera vingt-une livres. 

 Celle de papier appellé fin moyen-compte à la pomponne, ou écu fin simple, sera des mêmes largeur et hauteur que le double, et la rame pesera dix-huit livres. 

 Celle de papier appellé grand-cornet fin double, aura à l’ordinaire dix-sept pouces trois quarts de large sur treize pouces et demi de haut, et la rame pesera quatorze livres. 

 Celle de papier appellé fin grand-cornet simple, sera des mêmes largeur et hauteur que le double, et la rame pesera douze livres. 

 Celle de papier appellé fine telliere grand format, ou couronne fine double, aura dix-sept pouces un tiers de large sur treize pouces deux lignes de haut, et la rame pesera quatorze livres. 

 Celle de papier appellé fine telliere grand format, ou couronne fine simple, sera des mêmes largeur et hauteur que la double, et la rame pesera douze livres. 

 Celle de papier appelé fine petite telliere, aura seize pouces de large sur douze pouces deux tiers de haut, et la rame pesera quatorze livres. 

 Celle de papier appellé aux-armes-d’Amsterdam, aura quinze pouces trois quarts de large, sur douze pouces quatre lignes et demie de haut, et la rame pesera quatorze livres. 

 Celle de papier appellé fin petit cornet à la grande sorte, ou bâton royal, aura seize pouces de large sur douze pouces de haut, et la rame pesera dix livres. 

 Celle de papier appellé fin petit lys, ou cartier fin, aura quinze pouces un quart de large sur onze pouces neuf lignes de haut, et la rame pesera douze livres. 

 Celle de papier appellé la romaine fine, aura quinze pouces de large sur dix pouces un tiers de haut, et la rame pesera dix livres. 

 Celle des papiers seconds fins, ou moyens, de toutes les qualitez et sortes de papiers cy-dessus expliquées, seront des mêmes largeur et hauteur, et les rames des mêmes poids que les fins. 

 Celle des papiers traces et bulles de toutes les qualitez et sortes cy dessus expliquées, seront aussi des mêmes largeur et hauteur, et les rames des mêmes poids que les fins. 

 Celle du papier appellé la trace-lombard, aura vingt-deux pouces de large sur dix-sept pouces de haut, et la rame pesera trente livres.


Fait au conseil d’Etat du Roy, Sa Majesté y estant, tenu à Versailles le douzième jour de décembre mil sept cens trente.


Signé PHELYPEAUX.


Le papier arrive en Bretagne

Le papier arrive en Bretagne au milieu du 15ème siècle. Des documents (fermages, aveux lors de décès etc...) mentionnent l'existance à cette époque de moulins à papier de "première génération".

Le moulin de Buzo est construit entre 1413 et 1456 par Robin de Meigne, sur la rivière Le Liziec dans la paroisse Saint-Patern à Vannes, relevant de la seigneurie de boismourant.

Le moulin d'orange, à Vieux Vy sur Couesson, près de la Normandie, est construit en 1440 par Jean Lize, libraire à Rennes. Il à fabriqué du papier jusqu'à la fin du 19ème siècle.

Les moulins à papier de la ville Jegu à Brehan sur la lie ( près de loudéac), sont présentés au roi en 1499 par Jehan II de Rohan, seigneur du Gué de l'Isle. Son père avait établi en 1484 près de son château la première imprimerie qui ait existé en Bretagne.

Le moulin à papier du Val à Morlaix (dans le quartier encore nommé Val Pinart) sur le Jarlot est mentionné en 1499 dans un acte concernant l'échange de deux rentes, l'une en rames de papier, l'autre en argent entre le seigneur du Val et le seigneur de Rosampoul. Ce moulin n'existait plus au 17ème siècle.


Au début du XVIIIe siècle, une trentaine de moulins à papier, fonctionnent dans un secteur de 50 km2 au Sud de Morlaix.

Ils emploient de 200 à 250 personnes, auxquelles il faut ajouter marchands, chiffoniers, transporteurs et familles nobles qui tirent profit du droit des moulins.

Cette activité a débuté au XVe siècle et s'est industrialisée au XVIIe avec l'arrivée des ouvriers normands.

L'implantation de ces moulins est due à la qualité des eaux du Queffleuth qui est une eau limpide, acide et peu calcaire, qualités appréciées des papetiers de l'époque.

Les papetiers avaient besoin de chiffons pour leur activité, de fait là où il y avait des toiles de lin, il y avait des chiffons pour les papeteries. 

C'était le cas à Plourin-lès-Morlaix, ce qui explique cette longue cohabitation entre le lin et le papier. Les plus actifs sont les moulins de Penlan, de Pen-ar-Vern (L'Hermitage), du Drezec et de Pont-Pol. La plupart travaillent pour François-Marie Andrieux, fondateur du moulin de Glaslan en Peyber-Christ.

De plus la proximité du chemin de La Feuillée, par lesquels les "pilahouers" (chiffonniers) des montagnes viennent apporter leur récolte de chiffons de lin ou de chanvre garantit leur approvisionnement.



C'est en 1828 que François Andrieux fera de Gaslan le plus important moulin à papier de la vallée, employant 20 ouvriers qui fabriquent 32 tonnes de papier à partir de 60 tonnes de chiffons. En 1831, une machine à papier en continu marchant à la vapeur et fabriquée à londres y est insallée; elle multiplie la production par 20. C'est une autre histoire de Gaslan et de la famille Andrieux jusqu'à la fin du 19ème siècle. En 1837, La Lande dégage un revenu cadastral de 1200 francs, les 3 grandes maisons de maître ne sont pas encore construites. L'usine ferme ses portes en 1898.

Les auteurs qui ont étudié l'histoire des Andrieux s'accordent à leur reconnaître un sens social très marqué. Déja François-Marie, rachetant la majeur partie des moulins de la vallée, proposait aux anciens propriétaires une intégration dans ses propres entreprises.

aux maîtres-papetiers restés indépendant, il offrait une collaboration et une aide pour une production contractuelle.

Aux ouvriers menacés de chômage par la concentration des moulins et la mécanisation des techniques papetière, il avait à coeur d'assurer la sécurité par le développement de son entreprise. Sur un plan plus général il était sensible à la dureté des temps:

" L'hivers de 1816 fut très rigoureux, le pain rare et cher; la misère était profonde; loe conseil municipal de la ville, dont F.M Andrieux faisait partie, organisa un atelierde secours dont les résultats dateront dans l'histoire de Morlaix".

Mais c'est surtout Aristide, son fils, qui poussa au plus haut point cet altruisme des Andrieux. Il l'exerça particulièrement dans le domaine du logement social (en faisant construire chaque année à proximité de son usine, des logements économiques assez vastes et assez spacieux pour recevoir quelques familles d'ouvriers peu aisés), de l'éducation ( Le souci de l'éducation des enfants d'ouvriers lui était toujours présent. Il avait cherché à obtenir la création d'une école prés de son exploitation. Rien ne vint. Il établit alors une " école primaire interne" pour les enfants de ses ouvriers) et de la sécurité (Il créa en 1866 une "société de secours mutuels des ouvriers papetiers", qui assurait à tout le personnel les soins d'un médecin, les médicaments gratuits et ds indemnités en cas de maladie, d'infirmité ou d'accouchement.

Ce sens social et les services rendus au pays et a la collectivité papetière furent reconnus et récompensés en 1882 par une décoration de chevalier de la légion d'honneur.

Son fils, Albert continuera son oeuvre dans le même esprit, en renforçant la protection social des ouvriers, en payant lui même et sans retenue sur leur salaire des les primes d'assurance.

Empruntons le sentier de La Lande pour nous rendre à la maison de la famille Andrieux.

 maison de la famille Andrieux.

 maison de la famille Andrieux.

 maison de la famille Andrieux.

La chapelle.

La chapelle.

L'arrivée des machines à vapeur sonnera le glas des petites papeteries "à cuve". Vers le milieu du XIXe siècle, certaines cessent toute activité, d'autres se convertissent en moulin à pierre. C'est le cas du moulin de Pont-Pol qui broiera de la pierre pendant quelques années avant d'être reconverti en 1846 en usinage de teillage, en liaison avec la société linière du Finistère, établie à Landerneau. La Bretagne produit à l'époque plus de lin que tout le reste de la France.

A la fin du siècle , la forte concurence des toiles anglaises et belges et de celles du Nord, la suppression de la voile dans la marine et une diminution des commandes de l'armée de terre, précipitent le déclin. La Société linière ferme ses portes en 1892, mettant au chômage plusieurs dizaines d'ouvriers et d'ouvrières dans la région de Pont-Pol. L'activité du teillage de Pont-Pol redémarrera quelques années plus tard, employant une trentaine de personnes. Elle résistera à deux incendies, en 1934 et 1948, jusqu'à sa fermeture définitive en 1953.


Usine de La Lande, vers 1886. Quelques repères: à l'arrière-plan, de gauche à droite, la chapelle Sainte Anne, La maison de Lucien Andrieux, la cantine (derrière à l'extrème droite, petites maisons d'habitation. (existent toujours. Photos ci dessous.)

Ce qu'il en reste aujourd'hui de l'usine à papier.

Pour augmenter le débit du Queffleuth pendant la saison sèche, une petite rivière au dessus de la vallée est détournée.

Dans cette prairie, un reste de mur de l'usine 

Maquette de moulin à papier.

Vue d'ensemble.

Le séchoir au grenier.

Logis du maître papetier.

Salle de triage ou de stockage des feuilles.

Roue à godets

L'expédition

Autre modèle de maquette de moulin.

Les piles à maillets.

Crédits photos : Toutes les photographies de ce site sont la propriété de « lbdeb.free.fr » . Pour toute utilisation, merci d'en faire la demande par mail à lbdeb@free.fr et aucune utilisation à but commercial ne sera acceptée .

Google Analytics est un service d'analyse Web fourni par Google. Google utilise les données recueillies pour suivre et examiner l'utilisation de ce site, préparer des rapports sur ses activités et les partager avec d'autres services Google.

Google peut utiliser les données recueillies pour contextualiser et personnaliser les annonces de son propre réseau de publicité.

Données personnelles recueillies: données de cookies et d'utilisation. Lieu de traitement: États-Unis. Trouver ici la politique de confidentialité de Google.